LE SPECTACLE "LE ROI NU"
Le souvenir des voyages et des rencontres avec les enfants, la lecture critique de l'actualité inspirent aujourd'hui l’écriture textuelle et chorégraphique du spectacle. La figure du roi/monde se décline au pluriel dans les voix de la polyphonie écrite par Carol Vanni et s'incarne chez les trois interprètes comme apparition d'un roi à trois têtes : un ancien roi, un roi actuel et un jeune roi. Chaque silhouette royale se dessine au contact et dans la fréquentation d'un objet particulier : l'ancien roi ne peut pas se détacher de sa chaise/trône; le roi actuel mesure l’espace et les relations à l’aide d’une corde; le jeune roi est emporté par une vague de papier journal. Chaque roi développe ainsi sa propre trajectoire chorégraphique, et les actions réitérées ( garder, mesurer, résister) mettent en lumière un aspect particulier du rapport au pouvoir. Dans le microcosme habité par les trois rois, s’impose petit à petit un modèle identitaire intolérant : ils commencent par ignorer la présence de l'autre, pour passer ensuite à la provocation et aux tentatives de prise de contrôle de l'espace, jusqu’à que la situation ne dégénère en conflit.
Du chaos qui s'ensuit, du constat d'échec, surgit la nécessité d'un nouveau projet de société : un nouveau roi verra enfin le jour, résultat d’un chantier collectif qui mélange les objets particuliers et les langues, et les assemble sans nier leur specificité .
Le plasticien Benoît Ollive contribue à créer cette vision du corps du roi avec sa conception de la scénographie, qui englobe le plateau et la salle et l’exposition où sont présentées les traces du travail des "Ateliers du roi" : il s’appuie sur l’architecture du lieu pour créer un espace organique, un nid fabriqué avec les déchets de notre société de consommation, mais aussi avec les fragments de notre mémoire, un ventre maternel traversé enfin de rêves d'espoir. Le musicien Philippe Gorge insuffle à cet organisme sa respiration sonore.
Espace de révélation, de rejet, de mépris et d’admiration, la nudité est l’attribut principal de notre roi. Nudité comme paysage intime, où on peut lire les traces de son histoire, de la naissance à la mort : vision d’une identité originale en voie de disparition. Mais aussi à l'inverse, de la mort à la naissance, lieu où l'utopie se construit.
Elisabetta Sbiroli, mars 2010
Le metteur en scène
Après une formation d’acteur et de metteur en scène en Italie, Elisabetta Sbiroli signe plusieurs spectacles à partir de textes d’auteurs contemporains pour la compagnie Lalage, à Marseille. Elle s’intéresse depuis quelques années au théâtre de figure : ses expériences avec Hoishi Okamoto et Greta Bruggeman lui ont permis d’approfondir sa relation à l’objet, et de tracer une direction de recherche personnelle, où la marionnette est utilisée comme support d’interrogations liés au corps de l’acteur.
L’auteur
Carol Vanni est danseuse, chorégraphe et écrivain. Sa première pièce pour le jeune public, Le géant qui prend les parents, a été créée au Théâtre de la Minoterie à Marseille en janvier 2008. Deux livres ont paru : Chagrin d’Encre et Embruns, avec les dessins d’Edmond Baudoin chez Z’éditions.
Le scénographe
Benoît Ollive travaille sur des problématiques de design et de graphisme dans l'espace, porté par des influences qui touchent à l'urbain, en passant par le déconstructivisme et l' in-situ. Sa pratique est interactive et elle suscite bien souvent un échange avec le public. Diplômé en design industriel et design d'espace, il cherche aujourd'hui à étendre sa démarche au delà des frontières institutionnelles ; à cheval entre Marseille et Londres ses expérimentations plastiques se nourrissent de la culture contemporaine.
La compagnie
La compagnie Lalage, installée à Marseille depuis 1995, privilégie la mise en scène de textes d’auteurs contemporains et s’intéresse à une pratique transversale des disciplines artistiques.
La création pour le jeune public occupe une place particulière dans notre parcours : faire du théâtre pour et avec les enfants nous interroge sur notre façon d’appréhender le réel et de le représenter.
Remerciements
Èquipe pédagogique de l’école Vincent Leblanc, Marseille. Collectif Kahraba, Beyrouth ; Théâtre Beit el Fann, Tripoli ; Association Culturelle du Hermel, Centre Culturel de Houla (Liban). Association Darna, Tanger (Maroc). IISS Agherbino, Putignano(Italie).
Le spectacle « Le roi Nu » est coproduit par le théâtre de la Minoterie et le théâtre des Bernardines. Le projet a reçu une aide à la création de la Ville de Marseille et de la SPEDIDAM. Les ateliers du roi ont pu se dérouler à Marseille dans le cadre d’un projet CUCS Politique de la Ville.
CALENDRIER
du 24 au 28 juin 2008 – Association Culturelle du Hermel, Liban
du 1 au 5 juillet 2008 - Centre Culturel de Houla, Liban
du 20 au 25 avril 2009 – IISS Agherbino, Putignano, Italia
du 4 au 23 mai 2009 - Association Darna, Tanger, Maroc
du 3 au 10 juillet 2009 - Association Culturelle du Hermel, Liban
de octobre 2009 à mars 2010 – ateliers à l’Ecole Primaire Vincent Le Blanc, organisés en collaboration avec le Théâtre de la Minoterie, Marseille, France
La création du spectacle : du 15 au 20 mars 2010 au Théâtre de la Minoterie (Marseille)